jeudi 27 septembre 2012

Intégration professionnelle

J’ai maintenant fait 3 semaines à Conakry.  Elles ont été remplies de défis, découvertes et aventures. Après 3 semaines de recherche de logement j’ai finalement trouvé un appartement pas très loin de mon lieu de travail.  Il n’est pas meublé mais je réussis quand même à trouver des choses de bases qui me serviront pour les 9 mois.  

Lundi je me suis finalement présenté au bureau.  Après plus de 2 semaines au bureau du CECI à faire de la recherche, je me suis imposée aux bureaux de la CNOP-G lundi matin.  J’ai pu participer à la rencontre de l’équipe technique et me familiariser avec certains éléments de l’organisation.  Les réunions à l’africaine sont toujours intéressantes.  Prévue pour 1 heure, elle en a durée presque 3 et beaucoup de discussion rapide sur des choses qui m’étaient vraiment étrangères ont eu lieu.  Néanmoins j’ai reçu un très bon accueil.  L’équipe de la CNOP-G est très dynamique.  Les gens sont très occupés mais prennent le temps de te connaitre et d’intégrer dans les discussions tant professionnelles que personnelles.  Les pauses du midi sont toujours très amusantes.  Je n’ai pas ri comme ca depuis longtemps.

Côté travail je suis très encouragée par ce qui m’attend.  J’ai rencontré mon homologue Lucien mardi pour discuter de mon plan de travail et activités.  En gros, l’équipe s’est entendue que je me concentrerais sur 2 grands volets.  Le premier est de renforcer les capacités des cadres et techniciens de la CNOP-G comme telle en matière de l’approche Genre et Développement.  Ceci consistera à les former aux concepts de base ainsi qu’aux outils d’analyse genre  et au processus d’intégration systématique genre.  Ensuite ils aimeraient que je conçoive des outils pratique (comme des guides) sur les outils genre et le  processus de suivi-évaluation en matière de genre. 
Le deuxième volet est d’accompagner l’élaboration et la mise en œuvre des plans d’action des collèges de femmes. Premièrement je vous explique un peu le contexte des femmes rurales en Guinée : Dans le secteur du développement rural, les femmes représentent 53,3% des actifs agricoles; elles consacrent 80% de leur temps de travail aux activités agricoles et assurent environ 80% de la production vivrière.
Malgré ce rôle important joué par la femme dans le secteur agricole, de nombreuses contraintes entravent encore son plein épanouissement et limitent ses capacités ce qui, dans la plupart des cas, la place dans une situation de vulnérabilité et d’extrême pauvreté. Au nombre de ces contraintes on peut citer le difficile accès aux facteurs de production (terre, équipements agricoles, crédit, intrants agricoles), le manque de formation et d’accès aux technologies appropriées, l’accès aux marchés locaux, nationaux voire sous régionaux.
Cette préoccupation a conduit la CNOP-G sous l’impulsion du Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest (le ROPPA) en 2000 à mettre en place le Collège National des Femmes des OP avec un démembrement auprès de chaque Représentation Régionale CNOP-G dénommé Collège Régional des Femmes.  Le Collège a pour mission de permettre aux femmes d’harmoniser leurs points de vue et leurs attentes afin de peser de façon plus ferme sur les décisions des OPA et de la CNOP-G en vue de prendre compte et intégrer la dimension genre dans leur organisation, leurs stratégies et leurs activités. Dans le but de réaliser sa mission, le collège de femme a pour objectifs  de défendre les intérêts des femmes, promouvoir la promotion des femmes au sein des OPA, dans le milieu rural, faciliter l’intégration du genre et la prise en compte des préoccupations des femmes dans les politiques, programmes, et projets, et renforcer les capacités en genre et leadership des femmes.

Depuis quelques années, par manque de ressources humaines et financière, les collèges sont inactifs.  Dès la fin octobre je me rendrai dans les quatre régions naturelles de la Guinée pour organiser quatre rencontres de 2 jours chacun.  Le premier jour sera consacré à informer et sensibiliser sur le fonctionnement et l’objectif des collèges et le deuxième sera pour établir et valider des plans d’action pour chaque collèges régionaux. Plus tard dans mon mandat je serai chargé de donner une formation en genre aux représentantes et membres des collèges et Organisation Paysannes.

Voilà pour l’instant.  J’ajoute des photos dans les prochains jours.


mercredi 12 septembre 2012

après 1 semaine...

Une semaine depuis que je suis arrivée en Guinée.  Dur dur la vie à Conakry.  Disons que les premiers jours ne sont pas très bien organisés comme ce que j'ai connu ailleurs.  On nous laisse pas mal faire les choses tout seul.  C'est un peu stressant quand on connait pas la ville.  Surtout toute la question de se trouver un logement. dans l'espace de 15 jours. Je n'ai rien trouver pour le moment.

Sinon bon...que dire.  J'ai pu changer mon argent américaine pour des francs guinéens et ce dans un dépanneur! et oui, j'étais vraiment pas certaine de tout ca mais on m'a donné l'équivalent de 700$ US sur place.  Ensuite je suis aller chercher une puce pour le téléphone et dès le lendemain, on avait pirater la puce et me voilà avec un compte bloqué.  Heureusement qu'une volontaire avait une puce en surplus et elle me l'a offert. 

J'apprends tranquillement à gérer les pannes d'électricité constantes et les coupures d'eau.  C'est vraiment différent de ce que j'ai vécu auparavant.  Je crois que j'ai été choyée dans mes autres séjours en Afrique.  Oui des coupures d'eau et d'électricité de temps en temps mais pas tous les jours.  Par exemple ici, l'électricité est sur un genre d'horaire.  Donc un jour tu as l'électricité de minuit à 6h et un autre de 18h à minuit.  Des fois tu en as le jour.  et l'eau je n'y comprend rien sauf qu'il faut faire des énormes réserves dans des grosses poubelles en plastiques.

J'ai rencontré mon chargée de programme là où je vais travailler hier.  La rencontre devait avoir lieu à leur bureau à 10h.  A 11h il se pointe et nous dit qu'il ne peut pas nous recevoir, qu'il passera nous voir en après-midi.  Donc on repart.  Il vient nous voir à 13h et ca dure à peine 20 minutes.  Cette semaine ils ont une mission qui est sur place donc ils sont très occupés et ne peuvent pas commencer à m'orienter.  Ca devra attendre à la semaine prochaine.  Ca rend le temps long et donne trop de temps à réflechir.

Bon, pleins de pensées positives svp!



lundi 10 septembre 2012

Jour 2


Donc première journée assez monotone et difficile émotionnellement.  Rien à faire, personne à qui vraiment parler et que des cochonneries à bouffer.  Et en plus j’apprends que la possibilité d’un des appartements n’existe plus car le propriétaire ne veut pas de femme célibataire dans son immeuble.  Je ne suis pas mariée et c’est un problème pour lui.  Ouf.  Réalité en pleine face, je suis dans un pays presqu’entièrement musulman et très traditionnel.  Oui je me dis à quelque part que c’est peut-être à cause de question de sécurité mais quand même.  Donc échec numéro 1. 
Demain je suis censé aller faire un tour de ville avec Boulba, le logisticien du CECI.  On devrait aller à la banque échanger mon argent américaine, et me chercher une puce pour le téléphone et la clé internet.  Disons que j’ai hâte d’avoir un contact avec le monde extérieur. Je me sens assez déconnecter et seule.  Les débuts dans un nouveau pays me font toujours réaliser que peu importe le nombre de fois que je vais à l’étranger, les premiers jours, même premières semaines sont comme une montagne russe.  Excitée de découvrir et rencontrer les gens mais en même temps très seule et isolée.  On se pose souvent la question, qu’est-ce que je suis venu foutre ici encore une fois? 
Je me suis donné comme défi ce coup-ci d’être plus sure de moi-même et de vraiment foncer et c’est maintenant plus que jamais que je dois me souvenir de ca.  Car les premiers jours peuvent carrément me décourager et me donner l’envi de rester dans la maison pour éviter la réalité.

jeudi 6 septembre 2012

Jour 1


Me voici, quelques morceaux en moins.  J’ai effectué le voyage Ottawa-Montréal-Paris-Conakry.  En partant j’étais déjà nerveuse en sachant que j’avais seulement 2 heures pour changer de vol à Paris.  Pas peur de manquer l’avion mais peur que mes bagages ne se rendent pas.  Et tout ca a mal commencer.  On devait partir de Montréal à 19h55 et nous sommes partis à 20h30. Et ensuite au moment de se mettre sur la piste, nous devons attendre encore un peu pour laisser un vol d’urgence médical se poser.  Finalement partis pour Paris.  Énorme avion assez impressionnant et très silencieux.  Vraiment un bon vol.   Avant l’atterrissage nous sommes retardés à cause de la brume en France.  Ensuite une fois au sol, le gars qui conduit le tunnel entre l’avion et l’aéroport n’est pas au poste.  Attends encore. Finalement débarqué avec  1hr et quelques minutes pour le prochain. Je me rends à la porte à temps, tout en ayant eu le temps de me laver le visage et me brosser les dents et me payer un dernier latte Starbucks.  Le vol est retardé de 30 minutes.  Super! Ca me donne espoir que mes bagages me suivront à Conakry. 
Une fois passé les douanes à Conakry, des centaines de personnes se mettre autour du tourniquet de bagages.  Après 30 minutes d’attente je comprends vite que mes 3 valises ne sont pas là.  Je déclare donc le tout aux services bagages qui me confirment qu’ils sont restés à Paris et qu’ils seront sur le vol de mercredi.  Mais, apparemment qu’une fois arrivés je ne peux que les récupérer jeudi matin.  Bienvenue à Conakry Chantal!
Bon à part ca, du peu que j’ai vu c’est très joli, très vert, mais très sale aussi.  Il fait chaud et très humide. J’avais oublié cette chaleur qui ressemble plus à celle du Cameroun, surtout la ville de Douala.  J’ai été accueilli par Hérico, le chargé des programmes du CECI, Ronkey, une coopérante canadienne qui travaille au même endroit que moi, et une dame de mon futur lieux de travaille.  On m’amène au bureau du CECI pour m’introduire à quelques membres de l’équipe, me donne une avance d’argent pour que je me débrouille au début, et on m’installe dans une petite maison collée au bureau.  Celle-ci me servira de logement temporaire en attendant que je me trouve un logement.
Je sors ensuite avec Ronkey et Laurianne (autre coopérante) pour un repas de poisson et d’attiéké et allocos.  Au retour, coupure de courant qui est très commun ici.  On m’avait dit que je pourrais utiliser l’électricité de la génératrice pour me débrouiller à l’intérieur.  À mon retour, la clé ne se trouve pas sur le trousseau qu’on m’a remis.  Le gardien doit appeler le Directeur du CECI, Diann, pour qu’il vienne arranger la situation.
Oh et en attendant son arrivée, je découvre une énorme araignée poilue sur le mur de la 2e chambre à couché! Horreur et pétrifiant.  Le gardien la tue pour moi mais je ne crois pas pouvoir dormir tranquille ce soir après ca même si je suis épuisée (je n’ai pas dormi sur les vols).
Voilà pour l’arriver…assez mouvementé je dirais. Ciao!