mercredi 26 décembre 2012

Noel en terre musulmane



J’ai survécu un Noel dans un pays où cette fête est un jour tout comme un autre.  Je me plaignais du manque d’ambiance pendant le mois de décembre mais laissez-moi vous dire que le jour même souffrait encore plus du manque d’ambiance.  Ca m’a fait un choc de me lever hier matin pour voir que les gens circulaient dans la rue comme tout autre jour de semaine, chacun voyant à son affaire, les femmes au marché pour vendre leurs produits et les gros camions faisant autant de bruit que d’habitude.

Malgré tout ca et contre toute attente, j’ai passé un super beau Noel.   Le 24 j’ai travaillé le matin et puis on nous a annoncé à midi qu’on avait congé jusqu’au 2 janvier! Quelle belle surprise!  On s’est empressé pour faire des achats pour se faire un petit souper de veille de Noel.  On a reçu une copine canadienne pour un repas de poulet, légumes sautés, terrine de lapin et fromage aux fines herbes avec un bon vin. Nous étions dans l’ambiance avec le beau cd. que ma mère m’a envoyé. Des grands classiques aux voix des grands chanteurs québécois (Ginette Reno, Mario Pelchat, Claude Dubois, Laurence Jalbert, Beau Dommage, etc.).  Puis il ne faut oublier mes super flocons de neige en papier qu’on avait accroché au salon. :)
Mes beaux flocons de neige en papier :)

Un petit repas de Noel
Après ce bon souper on s’est préparé pour la messe de  22h.  Toute une expérience la messe en Guinée. Ce n’était pas ma première fois à une messe en Afrique mais celle-ci a testé ma patience.  On est sortie de là il était presque 1h du matin! Par contre, ils avaient une super belle chorale (ca fait changement de la chorale à l’église de ma petite ville - ha ha ha!).
La petite famille avant la messe (Meeka n'aime pas rester en place!)

Avec Meeka avant la messe de Noel

Le lendemain matin je nous ai préparé un petit déjeuner crêpes et sirop d’érable pour garder une tradition familiale.  En après-midi on a été invité chez notre cher ami Benito.  Il vient du Bénin mais travaille ici en Guinée pour quelques temps. Un vrai trésor cet homme là. 
Le cher Benito et moi
 Sa femme et ses quatre enfants sont venus passer les fêtes avec lui donc il tenait que ses amis rencontrent la famille et partagent le repas de Noel avec eux.  Nous nous sommes bien amusés à boire du vin, manger de la très bonne bouffe et même danser un peu.  Je lui étais si reconnaissante d’avoir pu recréer une ambiance familiale le jour de Noel. Ca m’a vraiment redonné un peu d’énergie.  
Souper de Noel: les femmes à la table
Souper de Noel: les hommes au salon
Avec la fille de Benito: Louange Elianna
Maman Noel avec le 3e fils de Benito: Yoan
Donc voilà, malgré que Noel ne soit pas une fête très grande ici due à la dominance de la religion musulmane, nos amis Béninois nous ont fait vivre une fête inoubliable. Tout ce qui me manquais était la neige ;-)

J’espère que vous avez passé de très beaux moments avec vos familles et amis.

mercredi 12 décembre 2012

Dubréka

Samedi dernier j'ai pu respirer à nouveau de l'aire pure et profiter de la beauté guinéene qui se trouve à l'extérieur de Conakry.  Un samedi qui devait être plutôt tranquille s'est transformer en petit aventure à l'initiative de notre ami Maurice.  Il souhaitait vraiment sortir de la ville pour la journée et nous a donc proposé d'aller à Dubreka, à 45km de Conakry, pour découvrir les cascades de Soumba.  Quelle joie de ne pas avoir à passer un samedi après-midi dans notre quartier mouvementé.  On s'est baigné, mangé de la bonne bouffe et relaxer. Au retour, on a pu se revitailler en oranges et mandarines vendues par des villageois près des chutes.  Les meilleures oranges depuis mon arrivée!

Je partage quelques photos avec vous pour vous faire rêver un peu et vous faire oublier (ne serais-ce que temporairement) la neige et le froid.


Avec Ronkey, une amie/collègue canadienne


Cascades Soumba
Couché de soleil au retour vers Conakry

vendredi 7 décembre 2012

un peu de Conakry



Une belle promenade sur les plages de Conakry....hmmmm

On vide les caniveaux....mais on ne ramasse pas

Vue d'en haut de mon immeuble


Meeka profite du fond du pot de beurre d'arachide
Meeka fait la sieste comme les humains...

Atelier de redynamisation du collège des femmes à Labé


Avec Hadja, une des participantes
Les participants de l'atelier

On rase les terrains devant chez moi.  Un menuisier et des vendeurs de groupes électrogènes ont tout perdu puisqu'ils étaient sur des terrains ne leur appartenant pas.


jeudi 6 décembre 2012

Ce qui nous tue pas nous rends plus fort


Me voilà me voilà! Je suis vivante, à peine, mais je suis là.

Bon disons que Conakry n’est pas vraiment pas facile.  C’est l’un des plus grands défis que j’ai eu à relever dans toute ma vie.  Je ne sais même pas où commencer.  Depuis mes dernières nouvelles j’ai été victime d’un quasi vol.  Un matin j’ai pris le taxi pour aller au travail. Je suis descendue au même endroit que d’habitude et entreprise ma petite marche de 5 minutes pour me rendre au bureau.  J’étais prête à traverser la rue devant mon bureau et un gars s’est collé à moi par derrière et a essayé de couper dans mon sac à dos avec une lame.  Heureusement j’ai bougé dès que je l’ai senti et il n’a pas pu prendre mon porte monnaie. Il a continué sa route et m’a laissé un sac à dos gâté.  Déjà qu’au Burkina je me suis fais volé et là encore presqu’ici.  Disons que mon niveau de paranoïa est encore plus élevé maintenant.

Vous vous souvenez aussi que je vous disais que Conakry est une ville sale? Bien ca devient de plus en plus grave.  La saison pluvieuse est terminée et la chaleur et humidité augmentée considérablement donc les odeurs sont au rendez-vous! Les caniveaux sont remplis d’ordures et de déchets humains.  Ils sont vidés une fois de temps en temps (pas assez souvent à mon goût).  La semaine passée j’ai été témoin du vidage de caniveaux.  Des gars qui sont dans le caniveau avec une pelle, pas de gants souvent, certains ont des masques, certains ont des chaussures d’autres sont en sandales.  Ce qui sort des caniveaux est mis sur le bord des routes et n’est pas ramassé pour plusieurs jours et parfois jamais.  

Bon ce n’est pas tout du mauvais ici.  Je me plains mais il y a quand même du positif.  

Il y a 2 semaines je suis sortie de Conakry pour la région naturelle de la Moyenne Guinée, plus précisément à la ville de Labé.  Après les embouteillages pour sortir de Conakry, on se retrouve dans un monde complètement différent.  Le niveau de pollution chute drastiquement, les montagnes majestueuses se révèlent et la verdure couvre l’horizon.  C’est la vrai Guinée à ce qu’il parait. Conakry n’a rien à avoir avec le reste.  Deux mondes complètement différents.  J’étais tellement en admiration du paysage que je n’ai même pas dormi pendant le long voyage.  Normalement la distance entre Conakry et Labé doit faire 4 à 5 h mais avec tous les trous sur la route et les tournants, ca fait environ 7h (sans compter le temps que ca prend pour sortir de la capitale).  

Le but de mon voyage était pour animer un atelier de 3 jours pour la redynamisation du collège des femmes de cette région.  Je crois vous avoir un peu parlé du collège des femmes dans mes premières publications….mais bref le collège est un cadre de concertation pour les femmes membres des organisations paysannes.  Dans chacune des quatre régions naturelles de la Guinée il y en a un et au niveau national aussi.  Nous avons choisi la Moyenne Guinée car jusqu’à présent aucune activité n’avait été faite depuis sa création.  Au départ nous voulions choisir la Haute Guinée car il semblerait que les femmes de là bas sont très dynamiques.  Par contre, comme je vous ai dit l’autre fois, c’est quand même très loin (2 jours de route) et plus dispendieux.  

L’atelier s’est bien passé.  Même si au départ les femmes étaient plus réservées, les objectifs visés on été atteints.  Les femmes on pu comprendre le rôle et le fonctionnement du collège (ce qui leur permet de s’engager de façon plus concrète) et on pu travailler ensemble pour identifier les grandes problématiques de la place des femmes au sein de leurs organisations paysannes et dans leurs vies quotidiennes en général.  À partir de ce diagnostic participatif et des domaines d’interventions plus urgents, nous avons travaillé en plénière pour élaborer un plan d’action sur 2 ans (2013 et 2014).  La prochaine étape est de sécuriser le financement d’un grand partenaire de mon organisation pour pouvoir mettre en œuvre le plan d’action élaboré.  Celui-ci doit être distribué en janvier mais je suis très consciente des réalités des financements ici et suis préparée à ce que le financement n’arrive pas avant février ou mars.  En attendant je travaille sur mes modules de formation genre et un guide d’outils en genre pour mon organisation.

A part le boulot, j’essaie de me mettre dans l’ambiance des fêtes malgré la non présence des festivités ici.  La majeure partie de la population est musulmane donc Noel n’est pas très affichée ici.  J’ai quelques décorations dans des marchés par contre, et je compte bien aller en chercher ce weekend.  Des guirlandes, un petit sapin et tout ce que je peux trouver.  Je compte également faire des flocons de neige en papier, et d’autres trucs comme ça.  Des bonnes activités à faire les jours où nous n’avons pas le courant!    

Des photos sont à suivre dans les prochains jours…

lundi 22 octobre 2012

Quelques images enfin

Une petite sieste avec ma Meeka

Au marché Bonfi à côté de chez moi

Pas trop certaine....c'est le chaos

Le jour du déménagement

La cuisine
Vue de mon balcon de cuisine...la mer à l'horizon

Le salon

ma chambre

Lever du soleil sur la mer

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jeudi 18 octobre 2012

Pas de tortue


Me revoici un peu découragée avec ma situation au travail.  J’étais super enthousiaste lorsque je rédigeais mon plan de travail mais là depuis la semaine dernière je suis tirée entre la CNOP-G (le partenaire pour lequel je travaille) et le CECI (l’organisation national qui gère le programme des volontaires au Canada et ici).   

Donc ici on est des volontaires du CECI et chacun d’entre nous travaille pour un de leur partenaire local (la CNOP-G dans mon cas).  Lorsqu’on commence le boulo, la première étape après s’être familiarisé avec l’organisation est d’élaborer un plan de travail pour le mandat qu’on a été choisi.  Le tout se fait avec notre homologue qui est un membre du personnel de notre partenaire travaillant dans le même domaine que nous.  Mon homologue est le chargé de suivi-évaluation et projets de la CNOP-G.  En mai dernier, le Président de la CNOP-G a décidé de transférer le volet égalité hommes et femmes à mon homologue (sans aucune raison).  La personne qui s’en occupait avant avait beaucoup de connaissances et d’expérience mais mon homologue pas autant. 

Donc tout ca pour dire que j’avais élaboré mon plan de travail selon les deux grands volets qu’on m’avait assigné.  Mon homologue était d’accord et il restait seulement à le faire approuver par le chargé de programme du CECI.  Lors de cette rencontre, le chargé de programme trouvait que la vision était bonne mais qu’il fallait recadrer un peu car la cible était trop grande.  En autre mots, le résultat recherché ne serait pas atteint et il n’y aurait pas assez d’argent pour financer mes activités.  On a donc recadré pour se concentrer sur une seule région de la Guinée (il y a quatre grandes régions naturelles en Guinée).  Cependant la région choisie est aussi la plus éloignée de Conakry (voir 2 jours de route sur une voie en très piètre état).  Le CECI m’a donc convié pour une autre rencontre cette semaine pour me dire que le choix de la région n’était pas idéal.  En choisissant une région éloignée comme la Haute Guinée, il serait très difficile pour moi d’assurer le suivi des activités et de vraiment bien appuyer le Collège des femmes là bas (encore la distance et l’argent).  Évidemment c’est moi qui doit annoncer ca à mon homologue qui semble un peu déçu et perplexe.  Je lui ai dit qu’une rencontre entre nous et le CECI était prévu pour la semaine prochaine pour mettre les choses au clair.  

Voilà…je suis donc là à me demander ce que je dois faire pour aller de l’avant. Je fais de la lecture. J’anticipe les formations que j’aurai à donner et j'essaie de me préparer un peu. Par contre, c’est pas très motivant quand on a l’impression d’être là dans le vide.  Le rythme africain est lent….parfois je l’apprécie mais parfois je le déteste.  Je crois vraiment que ceci sera mon dernier mandat hors pays pour un certain temps.  Je crois que la stabilité de chez moi me manque.  Ceci est ma 3e année à l’étranger. Bien que ce continent m’appelle et que je sois quand même bien adaptée, il reste que chez nous est toujours ce qui a de plus réconfortant.