jeudi 6 décembre 2012

Ce qui nous tue pas nous rends plus fort


Me voilà me voilà! Je suis vivante, à peine, mais je suis là.

Bon disons que Conakry n’est pas vraiment pas facile.  C’est l’un des plus grands défis que j’ai eu à relever dans toute ma vie.  Je ne sais même pas où commencer.  Depuis mes dernières nouvelles j’ai été victime d’un quasi vol.  Un matin j’ai pris le taxi pour aller au travail. Je suis descendue au même endroit que d’habitude et entreprise ma petite marche de 5 minutes pour me rendre au bureau.  J’étais prête à traverser la rue devant mon bureau et un gars s’est collé à moi par derrière et a essayé de couper dans mon sac à dos avec une lame.  Heureusement j’ai bougé dès que je l’ai senti et il n’a pas pu prendre mon porte monnaie. Il a continué sa route et m’a laissé un sac à dos gâté.  Déjà qu’au Burkina je me suis fais volé et là encore presqu’ici.  Disons que mon niveau de paranoïa est encore plus élevé maintenant.

Vous vous souvenez aussi que je vous disais que Conakry est une ville sale? Bien ca devient de plus en plus grave.  La saison pluvieuse est terminée et la chaleur et humidité augmentée considérablement donc les odeurs sont au rendez-vous! Les caniveaux sont remplis d’ordures et de déchets humains.  Ils sont vidés une fois de temps en temps (pas assez souvent à mon goût).  La semaine passée j’ai été témoin du vidage de caniveaux.  Des gars qui sont dans le caniveau avec une pelle, pas de gants souvent, certains ont des masques, certains ont des chaussures d’autres sont en sandales.  Ce qui sort des caniveaux est mis sur le bord des routes et n’est pas ramassé pour plusieurs jours et parfois jamais.  

Bon ce n’est pas tout du mauvais ici.  Je me plains mais il y a quand même du positif.  

Il y a 2 semaines je suis sortie de Conakry pour la région naturelle de la Moyenne Guinée, plus précisément à la ville de Labé.  Après les embouteillages pour sortir de Conakry, on se retrouve dans un monde complètement différent.  Le niveau de pollution chute drastiquement, les montagnes majestueuses se révèlent et la verdure couvre l’horizon.  C’est la vrai Guinée à ce qu’il parait. Conakry n’a rien à avoir avec le reste.  Deux mondes complètement différents.  J’étais tellement en admiration du paysage que je n’ai même pas dormi pendant le long voyage.  Normalement la distance entre Conakry et Labé doit faire 4 à 5 h mais avec tous les trous sur la route et les tournants, ca fait environ 7h (sans compter le temps que ca prend pour sortir de la capitale).  

Le but de mon voyage était pour animer un atelier de 3 jours pour la redynamisation du collège des femmes de cette région.  Je crois vous avoir un peu parlé du collège des femmes dans mes premières publications….mais bref le collège est un cadre de concertation pour les femmes membres des organisations paysannes.  Dans chacune des quatre régions naturelles de la Guinée il y en a un et au niveau national aussi.  Nous avons choisi la Moyenne Guinée car jusqu’à présent aucune activité n’avait été faite depuis sa création.  Au départ nous voulions choisir la Haute Guinée car il semblerait que les femmes de là bas sont très dynamiques.  Par contre, comme je vous ai dit l’autre fois, c’est quand même très loin (2 jours de route) et plus dispendieux.  

L’atelier s’est bien passé.  Même si au départ les femmes étaient plus réservées, les objectifs visés on été atteints.  Les femmes on pu comprendre le rôle et le fonctionnement du collège (ce qui leur permet de s’engager de façon plus concrète) et on pu travailler ensemble pour identifier les grandes problématiques de la place des femmes au sein de leurs organisations paysannes et dans leurs vies quotidiennes en général.  À partir de ce diagnostic participatif et des domaines d’interventions plus urgents, nous avons travaillé en plénière pour élaborer un plan d’action sur 2 ans (2013 et 2014).  La prochaine étape est de sécuriser le financement d’un grand partenaire de mon organisation pour pouvoir mettre en œuvre le plan d’action élaboré.  Celui-ci doit être distribué en janvier mais je suis très consciente des réalités des financements ici et suis préparée à ce que le financement n’arrive pas avant février ou mars.  En attendant je travaille sur mes modules de formation genre et un guide d’outils en genre pour mon organisation.

A part le boulot, j’essaie de me mettre dans l’ambiance des fêtes malgré la non présence des festivités ici.  La majeure partie de la population est musulmane donc Noel n’est pas très affichée ici.  J’ai quelques décorations dans des marchés par contre, et je compte bien aller en chercher ce weekend.  Des guirlandes, un petit sapin et tout ce que je peux trouver.  Je compte également faire des flocons de neige en papier, et d’autres trucs comme ça.  Des bonnes activités à faire les jours où nous n’avons pas le courant!    

Des photos sont à suivre dans les prochains jours…

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